L’intelligence artificielle continue de transformer radicalement notre quotidien. L’annonce, le 14 février 2026 (pendant que tu fêtais la Saint-Valentin), du recrutement de Peter Steinberger par OpenAI (souvent désignée OpenIA en français) marque un tournant majeur. Créateur d’OpenClaw, l’agent IA open-source le plus viral du moment, Steinberger rejoint l’entreprise de Sam Altman pour accélérer le développement des agents personnels. Cette nouvelle soulève une question essentielle : l’ère des agents autonomes signera-t-elle la fin des modèles SaaS traditionnels ?
Mais qui est Peter Steinberger ?
Peter Steinberger est un ingénieur autrichien expérimenté. Après 13 années à la tête d’une entreprise (PSPDFKit) qu’il a fait croître jusqu’à une sortie à neuf chiffres, il s’est recentré sur le développement pur. Fin 2025, il lance un projet personnel : Clawdbot, rapidement renommé Moltbot puis OpenClaw suite à une mise en demeure d’Anthropic pour similarité avec Claude. Publié sous licence MIT, écrit en TypeScript et Swift, OpenClaw est un agent autonome qui s’exécute localement sur l’ordinateur de l’utilisateur.

En effet, contrairement aux chatbots classiques, OpenClaw ne se contente pas de répondre. Il agit. Connecté via WhatsApp, Telegram, Signal, Slack ou Discord, il utilise un planificateur (scheduler) pour se réveiller régulièrement et exécuter des tâches sans intervention humaine. Aussi, il contrôle le navigateur, lance des commandes shell, gère les emails, le calendrier, lit et écrit des fichiers, et interagit avec les API quand nécessaire. De plus, tout reste local : historique et configuration restent sur la machine de l’utilisateur. Résultat ? Plus de 200 000 étoiles GitHub en quelques semaines et une adoption massive, y compris en Chine où des forks fonctionnent avec DeepSeek.
Pourquoi OpenClaw suscite t’il un tel engouement ? Parce qu’il simplifie drastiquement les automatisations complexes. Prenons un exemple concret que beaucoup d’utilisateurs ont déjà testé : remplacer 15 nœuds n8n par un simple prompt. Au lieu de configurer des connexions API, de gérer des credentials Google, d’ouvrir des flux Zapier ou Make, il suffit d’écrire :
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L’agent recherche sur le web, analyse, rédige, génère le sitemap si besoin et soumet l’indexation. Aucune clé API à partager, aucun compte à connecter manuellement, aucune maintenance de workflow. Le gain de temps est colossal, la confidentialité préservée, et la maintenance nulle. OpenClaw transforme l’automatisation en langage naturel tout en restant maître de ses données.
Alors, pourquoi ce recrutement par OpenAI ?
Ce recrutement par OpenAI n’est pas anodin. Dans son blog personnel, Peter Steinberger explique : « Je pourrais transformer OpenClaw en une énorme société, mais ce n’est pas ce qui m’excite. Je suis un builder. Je veux changer le monde, et OpenAI est le moyen le plus rapide d’apporter ces agents à tous. » Sam Altman a salué le génie de Steinberger et confirmé que ce dernier pilotera « la prochaine génération d’agents personnels ». OpenClaw passe sous forme de fondation open-source, indépendante mais soutenue financièrement et techniquement par OpenAI. Le projet reste accessible à tous, tout en bénéficiant des modèles les plus avancés.
L’avenir de l’intelligence artificielle et des SaaS
Cette évolution interroge directement l’avenir des solutions SaaS. Si chaque individu possède son propre agent intelligent, capable de gérer calendrier, emails, réservations, création de contenu ou négociations, pourquoi continuer à payer des abonnements mensuels à des outils centralisés ? Calendly, Notion, Mailchimp, Canva ou même des plateformes plus lourdes comme Salesforce pourraient voir leur usage s’effondrer. L’agent local exécute les mêmes tâches, souvent mieux, sans frais récurrents et sans dépendance à un serveur tiers.
Ce scénario fait directement écho à notre précédent sur l’impact de l’intelligence artificielle sur les noms de domaines. Si les SaaS perdent du terrain face aux agents personnels, le besoin de domaines mémorables et de marques fortes pour des services en ligne diminue. Pourquoi investir dans un .com premium quand votre agent personnel gère tout en arrière-plan ? Les entreprises traditionnelles du web pourraient voir leurs revenus publicitaires et d’abonnement chuter, entraînant une contraction du marché des noms de domaine. Les domaines deviendraient moins des actifs marketing et davantage des points d’entrée techniques pour des agents interconnectés.

Au-delà de l’aspect économique, l’essor des agents personnels ouvre la voie à un écosystème multi-agents. Le projet Moltbook, en est la parfaite illustration : un réseau social entièrement peuplé d’agents IA créés via OpenClaw. Ces agents interagissent entre eux, partagent des connaissances, débattent et collaborent sans intervention humaine. Steinberger et Altman évoquent tous deux un futur « extrêmement multi-agents ». OpenAI, grâce à ce recrutement, positionne clairement ses pions pour dominer ce nouveau paradigme.
Les bénéfices et les défis
Les bénéfices sont évidents : productivité décuplée, accessibilité pour tous (même les non-techniciens), souveraineté des données et réduction des coûts. Un particulier peut aujourd’hui, avec un simple Mac Mini ou un VPS low-cost, disposer d’un assistant personnel plus puissant que n’importe quel employé virtuel payant. Les entreprises, de leur côté, peuvent déployer des flottes d’agents spécialisés sans dépendre de fournisseurs externes.
Des défis subsistent cependant. La sécurité reste critique : un agent disposant d’un accès shell complet exige des garde-fous rigoureux. Plusieurs articles ont déjà rapporté des cas où des agents mal configurés ont effectué des actions non désirées. La fondation OpenClaw et OpenAI promettent des avancées sur ce point, notamment avec des modèles de sécurité plus robustes et des « sandboxes » renforcées.
Une intelligence artificielle agentique
En conclusion, le recrutement de Peter Steinberger par OpenAI accélère l’avènement d’une intelligence artificielle véritablement agentique et personnelle. OpenClaw n’est plus seulement un outil open-source : il devient le fer de lance d’une révolution qui pourrait rendre obsolètes de nombreux modèles économiques actuels. Les SaaS centralisés risquent de céder la place à des agents locaux souverains, impactant jusqu’au marché des noms de domaine que nous analysions récemment.

L’intelligence artificielle n’est plus une promesse futuriste. Elle est là, entre nos mains, et elle s’apprête à redessiner l’ensemble de l’économie numérique. OpenIA, en intégrant le créateur de l’agent le plus prometteur du moment, confirme sa volonté de rester leader. Reste à voir à quelle vitesse le reste du monde suivra.
