J’ai découvert l’algorithme d’Elon Musk et cela m’a grandement intéressé. Je suis aussi de nature à vouloir tout simplifier. D’ailleurs, ceux qui me connaissent savent que je répète souvent « J’aime bien quand c’est simple » 😅. Aujourd’hui, tout le monde ajoute de l’IA à tout. Un agent par-ci, une automatisation par-là, un workflow qui tourne tout seul. Ça donne l’impression d’avancer. Sauf qu’Elon Musk te dirait que tu le fais dans le mauvais ordre.
Karim Bousta a passé trois ans chez Tesla, à côté de lui. Dans le dernier épisode de Silicon Carne, il ne raconte pas une anecdote de plus sur le personnage : il décrit la méthode. Un algorithme en cinq étapes que Musk applique à tout, partout, tout le temps. Et la place qu’occupe « automatiser » dans cette liste devrait faire réfléchir tous ceux qui, aujourd’hui, veulent tout confier à l’IA.
Les 5 étapes de l’algorithme d’Elon Musk, dans l’ordre
- Questionner chaque exigence. Toute contrainte est suspecte, surtout quand elle vient d’un expert. « On a toujours fait comme ça » n’est pas une raison, c’est un symptôme.
- Supprimer. Toute pièce, toute étape, tout process que tu peux retirer, retire-le. Sans pitié.
- Simplifier. Ce qui reste après le grand ménage, tu le rends le plus bête possible.
- Accélérer. Une fois simplifié, tu augmentes la cadence.
- Automatiser. En tout dernier.

Regarde bien : automatiser est en position cinq ! Pas en une. Pas en deux. En dernier. Et c’est exactement là que 90 % des gens se plantent aujourd’hui.
Le piège de l’IA : automatiser ce qui peut être supprimé
Voici ce qui se passe quand tu branches une automatisation sur un process bancal : tu ne le répares pas, tu le rends plus rapide. Tu produis du déchet, mais dix fois plus vite, et avec l’air très moderne ! Tu augmentes aussi ta dette technique et donc tu perds du temps.
L’IA n’échappe pas à la règle. Un mauvais processus resté en place, on l’appelle désormais « cas d’usage IA ». On investit du temps, de l’argent et de l’énergie à faire tourner tout seul quelque chose qui n’aurait jamais dû exister. Musk le formule dans l’autre sens, et c’est plus tranchant : si tu automatises avant d’avoir supprimé, tu es en train de graver ta complexité dans le marbre.
La vraie question, avant chaque projet d’automatisation, n’est donc pas « comment je l’automatise ? ». C’est « est-ce que cette étape doit seulement exister ? ».
Chercher à simplifier puis supprimer, vraiment
C’est l’étape que personne n’ose pousser assez loin. On simplifie « un peu ». On garde « au cas où ». On protège les habitudes.
Musk a une règle contre ce réflexe : si tu ne remets pas ensuite environ 10 % de ce que tu as retiré, c’est que tu n’as pas assez coupé. Autrement dit, le bon niveau de suppression est celui où tu es allé trop loin : et où tu dois faire machine arrière sur une petite partie. Tant que tu n’as jamais eu à remettre quelque chose, tu es resté timide.
Deuxième piège qu’il traque : optimiser une chose qui n’aurait pas dû exister. C’est l’erreur préférée des gens intelligents. On adore fignoler une étape, la rendre élégante, la documenter, l’automatiser… alors qu’il fallait juste la faire disparaître. Une étape parfaitement optimisée reste une étape inutile.
Comment appliquer l’algorithme d’Elon Musk
Pas besoin de licencier en pleine réunion ni de brûler des milliards pour utiliser cette méthode. Prends un seul de tes processus (celui que tu rêvais justement de « faire tourner avec un agent IA ») et passe-le à la moulinette :
- Liste chaque étape et chaque règle. À côté de chacune, écris le nom de la personne qui l’exige. Pas un service. Une personne. Ce qui n’a pas de nom n’a probablement pas de raison d’être.
- Supprime jusqu’à ce que ça casse. Retire des étapes une par une. Quand quelque chose se casse pour de vrai, remets cette pièce-là, et seulement celle-là.
- Simplifie ce qui survit. Moins d’options, moins de champs, moins de validations, moins d’exceptions.
- Puis, seulement là, demande-toi ce que l’IA peut prendre en charge. Tu découvriras souvent que la moitié du projet d’automatisation a disparu en route — parce que la moitié du process n’existe plus.

Le résultat n’est pas juste « plus efficace ». C’est un changement d’ordre de grandeur. On ne parle pas de gagner 10 %, on parle de diviser par deux ou par trois (et de n’automatiser, à la fin, que ce qui compte vraiment).
Bien sûr, je ne te recommande pas de casser quelque chose, si tu as la certitude qu’une étape est primordiale et qu’elle va casser quelque chose, fais toi confiance. Mais je peux te garantir avec certitude que n’importe quel process peut être simplifié !
Ce que ça coûte de faire l’inverse
La méthode est radicale, et Karim Bousta le dit clairement : mal dosée, elle peut faire des dégâts. Mais la question intéressante n’est pas de savoir si tu peux l’appliquer. C’est de calculer ce que te coûte, chaque trimestre, le fait de faire autrement : des process que tu entretiens par habitude, des outils que tu empiles, et maintenant des automatisations IA posées sur des fondations qu’il aurait fallu raser.
L’IA ne te sauvera pas de ta complexité. Elle l’exécutera plus vite. À toi de choisir dans quel ordre tu fais les choses.
Sources : Vidéo Silicon Carne + recherches annexes.


